dimanche 8 juillet 2007

REPONSE "COMPLETOR IN LABRA"

"Le travail de Denis Proteor tend surtout à déranger l'ordre des choses pour nous faire voir le réel "et que les dites choses, enfin, deviennent sérieuses". C'est une déclaration de guerre aux certitudes dans le déreglement des silhouettes et des cadrages "et des techniques personnelles" dont Denis Protéor garde le secret.

Il y a d'abord les lieux où Denis Protéor cherche ses images. Des endroits où personne ne va de gaité de coeur : incinérateur d'ordure, hôpital psychiatrique, morgue, "forêt nocturne, souterrain de peuple mendiant, sudio minuscule de fines jeunes filles". Il y a ensuite le choix des cadrages : un caniveau, l'oeil d'un éléphant, le cadavre d'un oiseau la tête plongée dans l'eau. L'oeuvre "completor in labra" de Protéor oscille entre composition et décomposition, "refonte et transfiguration". Car si la mort a été étudiée par l'artiste, la vie en sa gravité- et l'Eros (dans le sens antique, l'essence) même n'est jamais loin...

Cette ambiguité amène le spectateur au véritable travail de vision. Se déshabituer des certitudes rétiniennes d'abord. Désapprendre à reconnaitre un visage, un animal, un objet comme conformes au réel. Les réenvisager comme on sonderait précisement un cadavre "par définition insodable". De-par sa radicalité ce travail photographique est fait pour "traîter" notre vision du réel "que l'on croit à tort acquise". Mais aussi notre rapport intime à "la décomposition invincible créée par le régne des éléments en constante transformation ." (Jacques STERCHI, "La Liberté", samedi 30 avril 2005, Genève).

SE DEMASQUER AVEC JOIE

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