Je suis dans la position d’un explorateur qui a pour but d’être un homme-système.
Chaque médium (photo, écriture, vidéo, dessin, recherche sonore, etc.) me conduisant à un niveau de la Réalité (je n’ai pas dit du Concret). Je veux déceler par mon comportement et de tels outils les forces et les mouvements. Les idées m’intéressent peu. D’ailleurs je crois que les problèmes existent en nombre limité, les questions en nombre illimité. Il en va des problèmes comme des domaines d’investigation que je choisis en fonction de leur concentration en exactitudes : la Forêt, la Morgue hospitalière, la Clinique vétérinaire, le Site de traitement du Déchet, etc. où s’agitent et croissent des « genres foudroyants » : le Champignon, la Vilaine Folle, le Cadavre, le Monstre, l’Energumène, l’Arbre, le Mendiant,… Un domaine d’investigation a ses forces, ses mouvements, son nombre de questions.
L’homme-système, que je m’efforce d’être, les entrecroise pour écarter les références culturelles et les repères sociaux, pour voir se profiler d’autres orages, pour créer des failles, pour installer des incertitudes. Est pur ce qui incertain. Un homme-système se nourrit de logique interne et constitue ses organes, sa substance.
Mon comportement est au cœur de mon activité. Je reste étrange. Je viens du Vertige. J’apporte donc le Vertige et on ne doit pas me voir venir. J’ai plus de sens que de sentiments. Voici pour une partie de mon intention secréte… Mais, comme on peut le dire du hasard : le hasard est un secret et je suis sûr de mon secret.
Denis Protéor, Janvier 2005