mercredi 22 août 2007

BOIS BLEU (avec Hazomangamboto)

BOIS BLEU (CONTE ET COMBINATOIRE 01-0310)


Il sent sa merde et se retourne vers son sac de voyage, son énième. Il s’appelle complètement Hazomangamboto, plus rapidement « Hazo ».
Sur son île il avait entendu la chanson de l’errance interminable de celui qui ne cesse de se battre pour sa propre indépendance, pour un esprit des lois inconnu des hiérarchies et difficile à maîtriser au cours d’une existence des souffrances de guerrier (satisfait par son sort) cependant au moins représenté par celui-ci !
Garages, balais, chantiers, manœuvres, mines, prisons, regards, silences, Hazo continue malgré les blessures une route qui est violée par l’emprise de la roue. Ainsi jamais ne pourrait-il employer la formule
« rouler nuit, jour jusqu’à devenir soûl. » Ne serait-ce pas plutôt
« sourd » ? Et était-ce la seule raison qui avait poussé Hazo sur les chemins de la débrouille ayant une source profonde ? Les Zébus.
Les Zébus comme les Yacks sont respectés mais toujours victimes d’immolation. Et Hazo ne peut pas le supporter. Son affectivité structurée par l’admiration qu’il porte aux Animaux et aux Arbres ne peut non plus admettre une cause spirituelle à l’immolation des Zébus sur son île d’origine. Les confréries ne tardèrent pas à lancer « Haro sur Hazo ! » Et Hazo dut fuir en promettant un futur cataclysme porté par tous les natifs des sanctuaires naturels qui n’ont toujours pas compris que le seul trésor dont la dictature de l’industrie ne parvient pas à s’emparer est la terre de la magie de la marche des gardiens de trésor.
Hazo qui a fait la route aux Etats-Unis sait de quoi il parle. Là-bas la respiration est fondée sur trois piliers : l’utilisation de substances psychoactives, le bénéfice qu’il est possible de tirer d’autrui, l’expiation (quand la terre tremble !). Conséquemment les Tricains Amers pensent que la consommation d’un psychotrope se compare à un
« tromba » (une possession) et cette tribu qui est terrorisée par la main aux fesses laisse se dessécher ses femelles ! Oh, comme la colère d’homme libre tient bien Hazomangamboto. Ensuite Hazo s’est retrouvé en Europe où il donna à lire en quelques écrits ses aventures et blessures de guerrier renouvelé. Il vit tout de suite que la caste appelée
« les critiques » ressemblait à s’y méprendre à une autre dénommée « les huissiers ». En effet le rôle des huissiers consistait, sauf erreurs ou omissions, à prélever un certain « dû » sur une dette de laquelle il ne voulait connaître ni le début ni la fin. La merde qui s’avérait être sienne et que Hazo sentait tout à l’heure avait déjà disparu dans le gouffre sanitaire de la prison d’où le vagabond sortit en quatrième vitesse. Les Arbres s’élèvent maintenant tels des geysers autour de Hazomangamboto et à la première occasion il raccommodera son énième sac de voyage.

SE DEMASQUER AVEC JOIE

SE DEMASQUER AVEC JOIE