N'en ressentant aucune envie auparavant, c'est seulement en an 2000 que j'ai décidé de divulguer les resultats de mes travaux commencés vers 1989. Ma première exposition date de cette époque et mon premier livre ("PARTS POUR L'AME-CHAUDRON, Editions Marval) est paru en 2001. Je fus alors confronté à la "diffusion artistique" qu'un propriètaire de galerie crut me résumer ainsi : "Quand tu sors de chez toi c'est avec ton moi-social; ton moi-artiste reste à la maison". Mais par définition un artiste n'a, en quelque sorte, besoin de personne (tant sa liberté grossit à vue d'oeil). Je me souviens de la douceur de mon anonymat qui m'a apporté une aisance de manoeuvre heureusement conservée. Maintenant ce qui m'intéresse avant tout dans la diffusion c'est la perturbation. Je veux apporter des éléments nouveaux qui provoquent des failles et des incertitudes. Ceci est la Réalité. Quant au Concret...Il faudrait des éditeurs et des galeries qui à leur tour veulent faire oeuvre. Ceci étant, maintenant que ma concentration s'est affinée, la diffusion artistique doit préserver mon indépendance. Les contacts, les réseaux, les rendez-vous, les projets, les financements ne reflétent jamais l'incandescence de l'artiste ; ils veulent surtout l'identifier. Les décalages restent douloureux. Trop peu d'argent, combines de survie pour l'artiste. Et face à lui : parasitages, foirades, susceptibilité déplacée, convoitise, mythomanie... et rareté de la bonne personne. C'est comme si l'artiste se voyait assigner ce poste affolant de l'animal en sacrifice ou pire du fou marrant, de l'excentrique au bout du compte rattrapé par les Moeurs.
Pour ma part, la diffusion de ce grand corps qui doit incarner mon oeuvre veut respecter son fondement : un enchantement qui ne se dépareille pas de l'épouvante. Ceci pour mon intention déclarée ; il en va autrement pour mon intention secréte.
Ce que je donne à voir, ce que j'expose, ce que je publie doit conserver le caractère du... tremblement.
Pour ma part, la diffusion de ce grand corps qui doit incarner mon oeuvre veut respecter son fondement : un enchantement qui ne se dépareille pas de l'épouvante. Ceci pour mon intention déclarée ; il en va autrement pour mon intention secréte.
Ce que je donne à voir, ce que j'expose, ce que je publie doit conserver le caractère du... tremblement.