mercredi 13 juin 2007

LA TOUR SANS VENIN

A la sortie d’une grotte où des enfants s’étaient perdus pour se couvrir de cendres, la nuit se trouva venue.
Les enfants ne voulant pas rentrer, ils s’en allèrent plus loin jusqu’aux tournants successifs qui finissent par donner la nausée. Nous avons mal au ventre, dit l’un pour tous. Il fait froid et il nous fait voir des Animaux.
Autant sous la terre la journée leur avait paru courte autant marcher depuis si longtemps avait annulé le peu de temps qui restait. Allons-nous mourir, demanda l’un. Les autres le regardèrent au milieu du silence des monts. D’un coup l’un des leurs entonna la description du schéma de la fonte, du dépoussiéreur, des gaz utilisés, du haut-fourneau avec la fidélité d’un enfant qui éclaire une mappemonde à l’aide d’une lampe de poche pour simuler le soleil. Chacun se mit à rire et, contrairement à ce qui est admis, l’écho ne fut guère présent envers la grâce du rire de ces enfants perdus car dans un espace illimité par l’ascension des directions le son semble écrasé par le Vide.

SE DEMASQUER AVEC JOIE

SE DEMASQUER AVEC JOIE